les baisers au chocolat ...

17/11/2009 10:36 par heim

  • les baisers au chocolat ...

    les baisers au chocolat ...

    17/11/2009 10:36 par heim


Découvrez la playlist Ben Harper avec Ben Harper



 j'essairai de te re livrer mes émotions telles que je es ressens encore et encore et encore
mes souvenirs sont toujours très vivants

(hooo je suis submergée encore par le souvenir de Ludo .. j'en ai encore les larmes aux yeux)
je ne sais pas si je me remettrai jamais de cet amour à sens unique...
Le temps qui se déroule me laisse entrevoir combien je m'étais offerte et livré et combien lui ne faisait que passer....
ça fait un peu mal ...
même maintenant
je reste avec des "et si..."
et là arrive "sebseb"
même s'il n'était pas l'amant qu'était Ludo

Seb seb se cherchait mais ne s'est jamais livré. Je ne lui en ai jamais laissé la place.
Pendant 3 ans cet homme a attendu que je détourne mon regard vers lui.
que je le vois... LUI

pendant 3 ans tous les jeudis il m'a emmené manger... tous les jeudis il était émerveillé par ma personne... pas physiquement... mais moi.
ma façon de changer ma route pour ne pas faire s'envoler un moineau, ou suspendre une bouchée en vol juste pour saisir ce moment la lumière le calme, l'intrigue...
Je n'ai rien vu.

j'ai même fait pire..
je me suis consolée dans ses bras (la tournure pronominale est voulue) je ne lui ai pas laissé ni la place ni l'opportunité de s'impliquer ... Je me suis consolée moi dans ses bras...
dans le temps à plusieurs reprises... Je ne lui ai jamais laissé l'opportunité d'être LUI. d'amener des choses.... des sentiments...

Tout cela parce que mon cœur était à un autre... mon âme à ce moment là je l'avais liée à un homme qui passait à travers ma vie.

Seb seb est resté à Lille pour moi le Week-end, a même tenté de m'apprivoiser .. il ramenait comme des petites miettes pour que je sautille jusqu'à lui ... que je chante de contentement à ses côtés... il était réellement amoureux et ce n'est vraiment qu'en l'écrivant que je m'en rend compte.

Comme j'ai dû le faire souffrir... comme j'ai du encore et encore le blesser et le décevoir...

il y a 11 ans il habitait à Lille dans son appartement ... il y a 11 ans ma tante est décédée et je suis allée dormir chez lui 2 fois... étranges moments où il avait ouvert la porte à un chat errant... étrange moment où j'étais là sans vraiment l'être ... Il avait compris que je n'avais pas besoin de LUI mais de ne pas être seule.

C'est une histoire simple et compliquée...

je suis arrivée à Lille début septembre 1992, et j'ai beaucoup fait la bringue, j'ai bu mes 2 mois de salaire d'été en 3 semaines...

et quand les étudiants sont arrivés à 2 jours près j'aurais plus remarqué Sebseb que Ludo ...

à 2 jours près ma vie aurait été toute autre je crois.

Je ne sais pas si tu es coutumiers des pièces de Shakespaere mais il y a dans ses pièces romantiques cet horrible chassé croisé où un personnage aime un autre qui est amoureux d'un 3ème
le 3ème et le premier se voient ils se savent mais il y a comme une sorte d'aveuglement du second envers le premier qui reste éconduit malgré un amour sans faille.

de cet amour Sebseb m'a aimé... de cet amour aveugle j'ai aimé Ludo
et Ludo savait très bien que Sebseb ne pouvait se résoudre à me laisser, simplement parce que LUI m'aimait.

à chaque tempête, jeune adulte quand j'ai cherché du réconfort, c'est Sebseb que j'ai trouvé là ... et tous les jeudis il m'attendait à la bibliothèque de la fac... il lisait des BD les mêmes que moi... et il me prennait la main.
c'était tellement tendre et tellement gentil que j'ai cherché ce contact.

je ne savais pas qu'il brûlait de plus... je ne l'avais même pas envisagé... c'était pour moi le premier ami homme que j'avais...
Le jeudi c'était fast-food ensemble. c'était comme ça.
Et je l'ai oublié je ne sais combien de fois... Je ne l'ai jamais laissé rentrer dans mon univers.

Le week-end... de temps en temps nous nous croisions...
de temps en temps je faisais un gateau « cochon » (comprendre chocolat beurre poire) qu'il fallait absolument manger avec les doigts...

j'avais 20 ans !

Il a ramené de chez lui sa console de jeux pour moi ... je n'avais même pas compris.
un peu comme on sème des petits bouts de nourriture pour ouvrir le contact avec un animal sauvage.

et puis parfois mon univers était chamboulé... j'étais effondrée de ne pas avoir Ludo à mes côté le Week End...

Je me souviens notement d'une fois où Sebseb est venu et vraiment j'étais mal... il était là ne savait pas comment me consoler et je ne sais m^me plus comment nous nous sommes embrassés. loin de la turpitude de Ludo qui me chavirait d'un seul souffle de baiser, Sebseb était pressé ... mais aujourd'hui je comprends... impossible de ne pas s'engouffrer dans cette opportunité offerte ... l'être la plus proche et si lointaine la plupart du temps pour une fois à portée de main de bouche de caresses...

aujourd'hui à ce moment précis du passé, je voudrais embrasser la bouche
de Sebseb... lui transmettre tout l'amour que j'ai pour lui
toute la tendresse que je ressens maintenant.
doucement écraser mes lèvres contre les siennes doucement embrasser son cou ... caresser ses épaules avec application, avec une tendresse voulue et déterminée.
Offrir à Sebseb et non prendre, lui ouvrir un peu de moi plus que juste de la chair... apprendre à le connaître apprendre à partager, ne serait-ce qu'un VRAI moment d'intimité. Sans en fond sonore mon histoire avec Ludo...

Dire que je pensais que Sebseb n'en voulait qu'à ma culotte....

mais il ne voulait rien ... il m'aimait.

Ludo et moi nous avons rompu plusieurs fois jeunes amours inconstantes ... et après ce que je pensais être notre dernière rupture je me suis dit que c'était mal d'avoir tant cherché du réconfort dans les bras d'un homme que je n'avais pas rencontré.

alors je me suis pendue au cou de Sebseb.

J'ai un souvenir merveilleux d'une sortie en hiver où nous avons mangé des "croustillons hollandais" au chocolat... Nous avons échangé des baisers au chocolat ... une provocation, une découverte ... une ouverture, un début de rencontre.

L'ombre de Ludo entre nous était trop présente, pour lui comme pour moi.
et à mon anniversaire Ludo m'a offert une DB ... et ... nous nous sommes sauvagement sauté dessus ... comme des bêtes... c'est là que je suis tombée enceinte de Ludo... alors que j'étais avec Sebseb.
J'ai brisé le cœur de cet homme... je lui ai fait mal à un point indicible.

Cet enfant n'est pas né. J'ai dû rendre ce cadeau de vie.
J'ai brisé une partie de moi
J'ai brisé une partie de toute idée de couple, avec l'un ou avec l'autre...

et pourtant après toutes ces années... Je me souviens avec une grande vivacité la douceur de sa peau entre l'épaule et la clavicule, son odeur même ... presque poudrée
son sexe aussi ...

je me souviens de sa main large aux doigts fins, une main de violoniste.
je me souviens de ses lunettes...
j'ai envie de me ballader avec lui main dans la main.

Le Jour oł je suis morte

15/10/2009 12:36 par Heim

  • Le Jour oł je suis morte

    Le Jour oł je suis morte

    15/10/2009 12:36 par Heim

Quand ma mère a décidé que je passerai l'année scolaire 85-86 chez mon père, elle a voulu avant tout se débarrasser de moi pour vivre avant de faner une dernière fois une vie de femme libre qui ne serait pas encombrée d'une enfant qu'elle a désirée avec un homme mais dont elle ne voulait plus dès l'instant qu'il mettait en péril son semblant de couple.

Ma mère m'a imposé à mon père, sans me demander mon opinion, sans demander si moi j'en avais envie, besoin... pour comprendre mes besoins elle interprétait ce qu'un psy analysait de mes dessins... et même là le psy ne me regardait pas, ne regardait pas mes dessins, mais tentait de me faire rentrer dans des cases. des schémas qu'on lui avait décrit dans ses livres et qu'il avait bien appris comme un bon étudiant pour pouvoir les régurgiter à des mamans névrosées.

La compagne de mon père lui avait déjà donné un fils, Lloyd et à la fin de l'été, elle a annoncé à mon père qu'elle était enceinte de nouveau... Elle est tombée enceinte au moment où s'est décidé cette tragédie (oui c'est une tragédie plus qu'un simple drame.) Hasard ? je ne sais pas .. ce n'est pas elle qui est au centre de ces interrogations.

Ma mère a choisi de m'envoyer vivre un an chez un homme qu'elle savait alcoolique et violent. Elle a justifié ce choix plus tard en arguant que la compagne de mon père aurait servi de garde-boue... Mais comment la croire alors que seuls des mots de haine et dégradants sortaient de sa bouche à son encontre ?

En une année à Tahiti (11 mois) j'ai habité à Pirae, Arué, papeete, Arue de nouveau puis papeete de nouveau. Mon père ma déposée comme un animal dégoûtant chez des amis à lui pendant 3 mois, pendant que liu était en France, ma belle mère est repartie en France pour accoucher... et j'ai passé presque 1 mois seule, dans l'appartement de fonction du bureau d'architecte de mon père. J'ai habité presque 3 mois avec mon père sans ma belle mère...
Il a eu un comportement incestueux jour après jour, il m'a humilié, maltraité verbalement, physiquement, il m'a frappé, et pour finir il m'a renvoyé, il m'a chassé, de son coeur de sa vie, de sa famille, de son amour.

Sa compagne est devenue complice et m'a mise dans un avion. Papeete - Los Angelès - Paris.
18h de vol, 6 heures de transit à Los Angelès.... sans prévenir personne en France.

24h

24h d'abrutissement le plus total, pas de panique... un avion en l'air quand il vole on ne peut ni en sortir ni craindre le monde. On est DANS l'avion et l'avion VA vers sa destination. POINT.

Mais quand on est en transit, TOUT m'est passé par la tête ... fuir, disparaître... commencer une autre vie... sans que personne jamais ne sache où j'étais... mais sans mes affaires mes vêtements, tout ce qui me rattachait à la France, puisque presque tout venait de là... et tout ce qui était mon passage à Tahiti... tout était dans les soutes dans des containers prêts à de nouveau traverser  les mers.

Alors j'ai attendu.

et si ma mère ne voulait pas de moi... moi dont elle avait cherché à se débarrasser moi, encombrante dans sa vie.
Comment faire ?
Tenter alors de coller à l'image à laquelle elle voulait que je ressemble. Une jeune fille bien éduquée, jupe plissée cheveux lisse, éduquée obéissante...

Alors j'ai tout fait pour me déguiser en ça.

J'ai espéré que la compagne de mon père ait appelé ma mère ... Impossible qu'elle ne l'ait pas fait, elle, mère de 2 enfants...

et pourtant...

L'avion a atterri à 18h à Paris.

Devant moi les personnes de l'avion guettaient en descendant de l'avion un visage familier, se jetaient dans les bras de leurs amis, de leur amoureux, de leur famille... et pour moi... personne.

Personne n'était là.
Je n'était plus rien.
Plus rien pour personne.

j'avais 3 valises 2 sacs... et avec ça... je devais faire face à l'impossible. L'inpensable.
je me suis rapproché de stewards et stewardesse au sol... je leur ai demandé s'il n'était pas possible de tenter de joindre quelqu'un ... ma mère, ma soeur ... quelqu'un ...

impossible qu'aucun adulte ne soit là pour une enfant d'à peine 13 ans... ce petit bout d'ado.
"Retourne près de la porte d'arrivée on viendra te chercher dans pas longtemps... j'en suis sûr"

alors j'ai croisé les doigts... pourvu que ma pièce de 5 francs soit encore dans ma lampe de poche ... Forcément... je n'avais dans mes poches que des Francs Pacifiques... alors la pièce de 5 francs ... aurait été une aubaine pour pouvoir téléphoner.

OUI !!!

5 francs... 5 francs... réfléchir qui appeler ... quels sont les numéros de téléphone...
appeler oui mais qui, et comment ?
quelle heure est-il ? 19h45 ?
l'appartement de ma mère, où j'ai habité 1 an avant de partir à Tahiti. ...      Personne       ....
le bureau de ma mère ? ....                      personne               ...
et déjà 2 francs partis.

j'ai alors appelé ma soeur au foyer où elle habitait...
je me souviens sont incrédulité...

je me souviens ensuite comme dans un brouillard avoir appelé de nouveau le bureau de ma mère... J'ai eu son responsable au télépone qui est venu me chercher en jaguar. 20h30.

et ma tête me faisait déjà mal.
j'avais froid.
j'avais envie de disparaitre...

je m'étais changée dans les toilettes de l'avion peu de temps avant l'attérissage, propre (lavée au lavabo quoi) habillée comme une petite collégienne d'école privée tenue par des soeurs, un noeud dans les cheveux...
je m'étais glissé dans la peau d'un personnage que ma mère voulait voir. je n'habitais plus là.

et j'ai souri blagué, rit ... lavé les mains avant de passer à table...
feignant la totale surprise de ce retour innattendu, j'ai joué le rôle le plus dur de ma vie.

j'avais envie de plonger les 2 mains dans ma cage thoracique, craquer le cartilage,  m'écarteler, sentir craquer chacun de mes os. L'air me brulait, j'avais l'impression d'être un poisson hors de l'eau et je devais penser à faire un effort pour ne pas cesser de respirer,
Mon coeur à chaque battement faisait le bruit d'un immeuble qui s'écroule, raisonnant dans chacun de mes os, et me torturait. Laisser s'échapper en nappe mon sang vermillon, le laisser s'écouler

J'avais envie de hurler ma douleur, de renverser ma tête en arrière d'ouvrir la bouche et de laisser sortir en un long flot assourdissant toute cette douleur qui me remplissait.
mon esprit rebondissait comme une balle en cahoutchouc comme projeté contre mon crâne, mes pensées allaient en tout sens...

et j'offrais à mon beau frère, à ma 1/2 soeur, à ma mère, la parente la plus souriante et joviale qu'ils n'avaient jamais espéré voir.

et le souvenir de moi à l'intérieur se demandait comment stopper tout ça... comment arrêter ce vacarme.

j'ai commencé les jours qui ont suivi à me replier à l'intérieur de moi, je regardais mes chaussures, j'avais froid en permanence, je dormais et quand je ne dormais pas j'étais silencieuse.

Ma mère m'a alors reffourguée à ma grand mère, écrasant sa promesse d'irlande et de découverte de l'île en roulotte attelée.

Ma grand mère m'a inscrite dans les "clubs" de plage de La Baule. J'y ai retrouvé mes camarades des années précédentes, mais celà faisait plus d'un an qu'ils ne m'avaient pas vu. peu m'ont reconnu, aucun n'a voulu se lier d'amitié tant sur mon visage la fracture de moi était visible... les enfants voient avec le coeur... et le miens était en boullie.

j'ai trouvé une après midi comment faire taire tout ce vacarme ... je voulais retrouver quelques secondes de silence, de paix, d'amour.
j'ai vidé l'armoire à pharmacie de ma grand mère. je n'ai pris QUE les médicaments dont il ne fallait pas dépasser la dose prescrite. 2 assiettes creuses pleines de couleurs. pas très marrantes les couleurs des médocs ... c'est soit caca, soit tape à l'oeil...  le plus dur a été de boire encore et encore pour avaler ces comprimés. et puis l'engourdissement est arrivé... comme un grésillement de mise sous tension....

je me suis dépéché de tout avaler, finissant mes assiettes comme une gentille fille. j'étais contente, ça marchait, je n'arrivais plus très bien à entendre ce que je pensais. Mais combien de temps est-ce que ça allait tenir ? Je me sentais comme alcoolisée... j'ai tout bien rangé... en marchant pour faire circuler mon sang pour que le produit s'infiltre partout si mon esprit était engourdi peut-être que ma poitrine ne me ferait plus mal dans quelques instants... alors j'ai marché m'emfonçant dans le brouillard.

... et je suis morte.



Ce n'est pas une allégorie, je suis morte. Mon coeur a cessé de battre et j'ai été réanimée 6 fois.
Je suis revenue à la vie plusieurs fois, et plusieurs fois j'ai choisi le silence, la paix.

Il aura fallu les larmes, la rage, l'amour de mon oncle pour que je choisisse contre mon envie de partir, de revenir... mais ce sera peut-être le sujet d'un autre billet.